mercredi 1 septembre 2010

"La parenthèse" d'Elodie Durand

"La parenthèse" d'Elodie Durand, Delcourt, 2010, 221 p.

Voilà une Bande Dessinée très originale par son sujet et très réussie.

C'est l'histoire d'une parenthèse de quatre ans dans la vie de l'auteur (qui se représente via le personnage de Judith), due à l'épilepsie : Comment cette maladie très étrange et assez peu connue est arrivée, comment elle a été découverte puis combattue, quelles conséquences sur la vie quotidienne de la jeune fille et les rapports avec ses proches...

Elle va tout perdre : savoirs, "capacités intellectuelles", mémoire... et presque la vie. Puis la guérison arrive, inespérée, et le lent ré-apprentissage recommence ...de l'alphabet à la recherche de ses souvenirs

L'ensemble est impressionnant de justesse, ni larmoyant (même si l'émotion est présente), ni lourd. Elodie Durand raconte cette expérience avec recul, précision, légèreté, sensibilité... bref avec talent.

Ce roman graphique est à vraiment à découvrir. Une des meilleure BD de l'année 2010.

Une interview d'Elodie Durand sur la parenthèse : cliquez ici !


"Le Trône de fer" de George R.R. Martin


"Le Trône de fer : L'intégrale T.1" de George R.R. Martin, J'ai lu, 785 p.

Le royaume des sept couronnes est en crise. Le pouvoir, la survie, la vengeance sont les objectifs des différentes familles de ce monde médiéval. Et "l'Hiver vient"...

Après un début un peu "difficile" du au style (Je crois plus à une volonté de l'auteur qu'à des soucis de traduction : le style est en effet assez particulier avec un vocabulaire très recherché et parfois désuet auquel il faut s'y habituer pendant presque une centaine de pages), mais aussi à la multiplicité des personnages, et à une "entrée dans l'histoire" presque banale... un scénario incroyable se met en place.

Le suspense est terrible, le rythme narratif est très bon, les personnages - malgré leur nombre- sont fouillés et profonds. C'est une saga épique, violente (le sang ruisselle et jaillit toutes les deux pages..) où se déchainent les complots, les combats et les rumeurs. Le découpage, un point de vue différent à chaque chapitre, permet à l'intrigue de se complexifier à l'envie. Une vraie fresque, un observatoire des passions humaines.

"Au jeu des trônes, il faut vaincre ou périr..."

A vivement conseiller à tous les amateurs de livres complexes, de sagas, d'aventures... c'est vraiment une oeuvre marquante.
A déconseiller à ceux qui ne savent pas s'adapter au style de l'auteur , à ceux qui pensent que tous les livres de fantasy doivent se focaliser sur la magie ou encore à ceux qui ne supportent pas la violence (mais pourquoi sont-ils si méchants?), bisnounours : passez votre chemin.

samedi 10 juillet 2010

"De grandes espérances" de Charles Dickens

"De grandes espérances" de Charles Dickens, Livre de poche, 606 p.


On suit les aventures de Pip, jeune garçon se destinant à devenir forgeron une fois son apprentissage terminé auprès de Joe son beau-frère et ami.
Mais le destin s'en mêle, et lui fait rencontrer et aider un bagnard en fuite, puis servir Miss Havisham, une vieille dame en quête de vengeance sur la race masculine. Il croise dans sa demeure, pleine de poussière sur fond de gâteau de mariage pourrissant, Estella, dont la beauté et la cruauté lui broient le coeur.
Il est désormais honteux d'être un rustre et ne souhaite qu'une chose : devenir un gentleman dont Estella ne pourra plus se moquer.

Heureusement une fortune lui arrive, sous la forme d'une rente au donateur ou à la donatrice mystérieux(se)... Pip part alors vivre à Londres, où il va devenir un vrai gentleman, c'est-à-dire apprendre à ne rien faire mais à dépenser plus d'argent qu'il n'en a.
Sa vie est remplie d'amis, de dettes, d'espoirs concernant Estella et majoritairement de souffrance car tout ne se passe pas comme prévu, bien sûr.

Le roman de Dickens offre une vision d'un récit initiatique, rempli de mal être et de souffrance. Cependant la souffrance du personnage n'empêche pas l'humour ! Le roman recèle de situations cocasses et de phrases typiques de Dickens, d'une ironie mordante. Le style de Dickens suffit à justifier la lecture de ce roman, d'après moi. Malgré la présence de rebondissements, il n'y a pas vraiment de suspense, le lecteur se doute bien que les grandes espérances de Pip ne sont pas fondées. Les descriptions des atmosphères (Londres, mystérieuse et dangereuse...) et des personnages nombreux et inattendus (attention il ne faut cependant pas s'attendre à du réalisme ou bien à une ampleur psychologique incroyable) rendent la lecture très intéressante.






lundi 5 juillet 2010

"Le chevalier inexistant" d'Italo Calvino


"Le chevalier inexistant" d'Italo Calvino, Ed du Seuil, 1962 (trad. française)

Charlemagne fait la tournée de ses chevaliers. Au moment de saluer l'un des meilleurs d'entre eux, il demande à ce dernier de lever sa visière et constate qu' Agilulfe Bertrandinet des Guildivernes n'existe pas.
C'est le début de l'histoire de ce chevalier à l'armure immaculée, rigide à l'extrême sur tous les sujets - de la propreté du camp à la bonne organisation de la distribution de soupe- qui n'est là que par un effort constant de ne pas se diluer dans l'air.
On croise dans ce roman court d'autres personnages étranges : la curieuse guerrière à l'armure mauve, un adolescent qui brûle de faire ses preuves et de venger son père... ou encore la confrérie des chevaliers du graal, possédée par sa tâche et source de bien des maux...

Un récit qui manie l'absurde et la raillerie, bien écrit, avec quelques phrases étonnantes... un ton qui fait parfois un peu penser à Ionesco....
A lire pour découvrir Calvino et son monde étrange !

jeudi 24 juin 2010

"Crime et châtiment" de Dostoïevski


Crime et châtiment, de Dostoïevski, Garnier Flammarion, 1999, 626p.


Crime et châtiment est l'un des romans les mieux construits que j'ai pu lire. Il n'est certes pas toujours très facile à lire( ah ! profusion de personnages aux noms, prénoms, surnoms russes... vous voulez m'embrouiller, mais je ne céderai pas !), cependant on entre immédiatement dans l'intrigue et jusqu'au bout on est pris par cette histoire et par ces personnages. 626 pages ... mais aucune longueur !

L'écriture joue bien entendu un grand rôle, elle est très maîtrisée.

Les personnages sont peut-être ce qu'il a de plus réussi : Dostoïevski les rend incroyablement vivants. Leurs réflexions et tourments psychologiques nous donnent l'impression d'être non à leur côté, mais sous leur peau. Leurs caractères - très riches et contrastés- concentrent l'Humanité, thème récurrent chez Dostoïevski.

Crime et châtiment est bien entendu ce qu'on appelle un roman psychologique, car tout (les réflexions des personnages, leurs actions, l'enquête etc.) y est analysé par ce biais et le rôle de la psychologie dans la société est même abordé directement. Son sujet principal est la psychologie d'un criminel, qui est ici loin de ressembler à l'image habituelle que l'on pourrait avoir d'un assassin.
On assiste à l'analyse de l'esprit humain, des névroses, de la misère, de la présence ou non de la culpabilité... Comme dans d'autres romans de Dostoïevski, l'aspect chrétien est très présent, les thèmes du mal, de la tentation, de la rédemption sont au cœur de ses réflexions.

Ce roman fait vraiment une forte impression et on comprend que M. Vogüé, académicien, ait pu juger en 1886 que la plupart des Français ne pourraient pas terminer sa lecture car" la puissance d'épouvante de l'écrivain est trop supérieure à la résistance d'une organisation moyenne". ^^



-Personnages principaux-

Raskolnikov -dit Rodia- est le personnage principal, ex-étudiant en droit , presque abruti par la misère, il rêve d'une solution définitive pour s'en débarrasser et s'assurer un capital, tout en refusant d'abord de penser sérieusement à "la chose". Pourtant, emporté par sa théorie sur la différence entre les gens ordinaires et les personnes extraordinaires mais aussi par la torture psychologique à l'idée d'être un fardeau pour sa mère et sa sœur, il va commettre un crime affreux. Cet assassinat lui porte sur les nerfs et il sombre dans une maladie proche de la folie. Plongé dans le délire, Raskolnikov ne cesse de "se vendre" par mille indices. Il ne connaît pas de remord d'avoir tué la "mauvaise petite vieille" mais ne parvient pourtant plus à vivre normalement. Il envisage toutes les possibilités pour "s'en sortir". Mais sous l'influence de Sonia, il va se décider à se dénoncer et à assumer son châtiment.
C'est un personnage plein de contradictions: très fier, parfois égoïste, emporté (et assassin)... il est aussi généreux, rempli d'amour filial et apte à la pitié.

Pulchérie Alexandrovna Raskolnikova est sa mère, personnage secondaire, elle incarne la Mère au-delà de sa personne. Elle adore Rodia, souffre de son comportement et de ne pas le comprendre. Lorsqu'elle aura l'intuition de ce qui s'est passé, elle sombrera dans la folie et la maladie.

Dounia (Avdotia Romanovna) est sa sœur. C'est une femme belle et forte dotée d'un sens moral à toute épreuve. Elle a le sens de la famille et du sacrifice et désire sauver les personnes qui l'entourent. Elle est d'abord gouvernante chez Marthe Petrovna et Svidrigaïlov où ce dernier lui fait la cour, ce qui provoque la fin de son contrat. Elle accepte de se fiancer avec Loujine, afin d'avoir de quoi aider son frère. Mais elle rompt ses fiançailles une fois qu'elle aperçoit sa bassesse.

Arcade Ivanovitch Svidrigaïlov est le veuf de Marthe Petrovna. On sait qu'il a persécuté Dounia de ses avances. C'est un être sensuel, obsédé par les femmes et les très jeunes filles. Il semble presque une incarnation du Diable,tant il est responsable de nombreux "déshonneurs" et même du suicide d'une toute jeune fille. Pourtant il est véritablement amoureux de Dounia et la réitération de son refus le brise. Il fait jusqu'à la fin de nombreuses actions tantôt bonnes (Il va assurer une place et de l'argent aux orphelins, il donne une somme à Sonia...), tantôt mauvaises (il tente d'abuser de Dounia, fait du chantage...) ou parfois très ambigües. Sur Saint-Pétersbourg il dit hésiter entre un voyage ou un mariage avec une nouvelle fiancée de 16 ans. Il choisit finalement de "partir en Amérique" et se suicide. C'est un personnage étonnant, il n'a pas de morale et souhaiterai pourtant être racheté, il est perdu dans tous les sens du terme.

Marmeladov, ancien fonctionnaire et désormais ivrogne notoire, il raconte sa vie à Rodia qui en est profondément touché (Partie I, Chap. 2). Toutes les misères qui peuvent être liées à l'alcool sont ici présentes avec une violence morale incroyable. Marmeladov se sait responsable d'une grande partie des malheurs qu'il inflige à sa famille, il souhaite être puni, crucifié mais ne change rien, telle une épave, allongé par terre, il est responsable sans l'être vraiment d'un déchirement intrafamilial. Sa femme est phtisique et devient folle, sa fille aînée a accepté le déshonneur pour que les quatre autres enfants ne meurent pas de faim. Il finit par se jeter sous les roues d'un fiacre, et ramené par Rodia dans sa famille expire dans la nuit.
A côté l'Assommoir c'est oui-oui va au troquet.

Catherine Ivanovna, est la femme de Marmeladov. Instruite et fille d'un "presque" colonel, Catherine ne pardonne pas à son mari de boire leur vie. Ses enfants n'ont plus que des haillons, qu'elle nettoie la nuit car ils n'ont aucun vêtement de rechange. Sa maladie empire au fil du temps et les malheurs finissent par lui déranger le cerveau. Elle bat ses enfants et les aime. Elle organise un "grand souper funèbre" avec l'argent offert par Rodia pour l'enterrement de Marmeladov. N'ayant plus toute sa tête, elle froisse et insulte à plusieurs reprises sa logeuse, qui l'avait aidé pour le repas et à qui elle doit plusieurs loyers: elle se retrouve à la rue avec les enfants, où complétement folle désormais, elle se met à les déguiser et à les faire chanter, jusqu'à succomber à une dernière attaque de phtisie.

Pierre Petrovitch Loujine est le fiancé de Dounia, sa première rencontre avec Rodia se passe mal puisqu'il est insulté par ce dernier. Rodia le juge d'instinct comme un être bas. Effectivement Loujine est peut-être le pire des personnages. Pour lui seul l'argent compte dans ce monde. Il est très satisfait de lui-même et n'éprouve jamais de remord, n'ayant jamais le sentiment de véritablement mal-agir. D'un égoïsme féroce, il n'avance rien à sa fiancée pour le trajet et se propose simplement de transporter leur malle. Il leur trouve un meublé minable qu'il ne se propose même pas de payer. Lorsque Dounia rompt avec lui il imagine un stratagème ignoble pour nuire à Rodia qu'il estime plus ou moins à raison être responsable (Partie V). Il décide de salir la réputation de Sonia, afin de pouver à Dounia que son frère n'est pas digne de confiance. Il profite du repas de la veillée funèbre pour ce faire. Habitant dans le même immeuble, il demande à Sonia de venir le voir, pour lui parler et finalement lui donner un billet de 10 roubles afin officieusement de l'aider, le tout sous le regard de Lebeziatnikov, un voisin "progressiste" . Il descend ensuite au repas l'accuser de lui avoir volé 100 roubles, qui sont bien sûr retrouvés, pliés dans la poche de Sonia. Le témoignage de Lebeziatnikov tourne en la défaveur de Pierre Petrovitch puisqu'il affirme l'avoir vu lui-même glisser ce billet supplémentaire dans la poche de Sonia. Son stratagème a échoué.

Razoumikhine est le meilleur ami de Rodia, il lui propose du travail, lors de sa maladie, il l'assiste de manière dévouée et l'aide de mille manières. Il devient l'ange gardien de sa mère et de sa soeur, bien volontairement puisqu'il est sous le charme de Dounia. Energique, positif, parfois un peu trop naïf, c'est l'image du bien et de la gentillesse.

Sonia (Sophie Semionovna Marmeladova) est la fille aînée de Marmeladov. Pour faire survivre sa belle-famille, elle se déshonore. C'est l'image même de la victime. Petite, frêle et fragile elle a pourtant une grande force qui lui vient de sa foi en Dieu. Rodia la prend en pitié, puis ressent le soin de se confesser à elle de son crime. Elle est épouvantée et l'encourage à se dénoncer, mais elle ne se détourne pas de lui. Elle va le suivre en Sibérie, près du bagne, pour le voir régulièrement. C'est grâce à elle que Rodia sera véritablement sauvé. Car avoir accepté la justice des hommes n'est pas suffisant, il continue de ne pas ressentir de remord vis-à-vis de son crime. C'est après plusieurs mois au bagne qu'arrivera la renaissance de Rodia, grâce à l'amour de Sonia, personnage décidément bien christique.

Porphyre Petrovitvh est le commissaire chargé de l'enquête de la vieille usurière et de sa soeur. Il est fin analyste de la psychologie humaine et soupçonne fortement Rodia. Il cherche à confirmer ses intuitions lors de conversations soi disant badines, portant notamment sur la thèse de Rodia exposée dans un article (Partie III, Chap.5). Ses interrogatoires détournés sont terribles, et Rodia n'obtient un sursis qu'avec la déposition inopinée de Nicolas -un ouvrier peintre qui travaillait en dessus de l'appartement de la petite vieille - qui s'accuse du meurtre à la stupéfaction de tous. Porphyre Petrovitch vient chez Rodia et lui fait comprendre que malgré la déposition de Nicolas, il est fermement convaincu que c'est bien lui le coupable et il lui conseille de venir faire ses aveux on lui promettant que cela permettra une remise de sa peine (Partie VI).

mardi 22 juin 2010

"Il n'y a pas d'impasse sous le ciel" de Chow Ching Lie


"Il n'y a pas d'impasse sous le ciel" de Chow Ching Lie, Editions Fischbacher, 2004, 272p.

L'auteur du Palanquin des larmes nous livre ici un récit de sa vie entrecoupé de contes d'origine chinoises et/ou bouddhistes. L'ensemble se lit très facilement, le style n'est pas particulièrement remarquable, mais justement il ne se fait pas remarquer.

On est touché par la vie de cette femme : mariée très tôt en Chine et rapidement veuve, elle est venue en France pour se perfectionner au piano, tout en y montant un commerce pour soutenir le reste de sa famille, et en se mettant à l'écriture dès ses débuts d'apprentissage de la langue française. Sa vie se partage désormais entre la Chine et la France, et entre la musique et la littérature.

Convaincue et convertie au bouddhisme, elle y puise ses maximes pour orienter sa vie (et conseiller celle des autres), ce qui donne un ton parfois un peu moralisateur, qui se ressent d'autant plus lorsque cette morale s'éloigne de la notre.

Cependant ce livre vaut la lecture pour tout ces passages de contes traditionnels chinois, et amène à réfléchir sur la vie (ce qui est déjà pas mal !). On a une très bonne porte d'entrée sur la philosophie bouddhiste.

J'ai particulièrement aimé ce conte :
Un roi ambitieux veut rassembler toute la sagesse de son pays. Après des années de recherche ses sages ont composé une bibliothèque imposante. Découragé devant tant d'ouvrages, il demande qu'on lui résume l'ensemble. Après une dizaine d'années de travail les sages lui présentent 60 livres. Mais c'est encore trop, il demande qu'on lui résume en un seul ouvrage. Au moment où un des sages lui apporte le recueil, le roi est en train de mourir. Il lui demande alors de lui résumer la sagesse du monde en une seule phrase. Le sage lui répond : -vivre le moment présent.

mardi 15 juin 2010

"La romancière et l'archéologue" d'Agatha Christie Mallowan


"La romancière et l'archéologue- Mes aventures au Moyen-Orient" d'Agatha Christie Mallowan, petite bibliothèque Payot, 2006, 316p.


Présentation de l'éditeur :

« Épousez un archéologue : plus vous vieillirez, plus il vous aimera », a dit un jour Agatha Christie (1890-1976). Cette fine mouche qui riait de tout pratiquait l’autodérision avec un art consommé. Outre ses soixante-dix romans policiers, il y a mieux et beaucoup plus savoureux que son autobiographie : ce sont ses aventures au Moyen-Orient qu’elle publia en 1946 pour répondre à tous ceux qui lui demandaient sans cesse comment elle avait vécu là-bas auprès de son deuxième mari.

Comment pouvait-elle imaginer, en effet, alors qu’elle voyageait pour la première fois à bord de l’Orient-Express en 1928, combien son existence allait être modifiée à jamais ? Elle laissait en Angleterre une enfance heureuse passée dans un manoir victorien du Devon, l’échec d’un premier mariage et une carrière littéraire déjà bien assise pour partir en Iraq à la découverte des champs de fouilles d’Our, invitée par les archéologues Leonard et Katherine Woolley. La romancière avait toujours été fascinée par l’Orient, à tel point qu’elle rendit de nouveau visite à ses amis l’année suivante.

Cette fois, les Woolley eurent l’excellente idée de la confier à un jeune archéologue prometteur, Max Mallowan. Ce dernier devint son cicérone, ils visitèrent ensemble la Chaldée et s’éprirent l’un de l’autre. Agatha était âgée de quarante ans, Max n’en avait que vingt-six, mais il la trouvait irrésistible d’intelligence, de charme et d’esprit, qualités qu’elle-même appréciait chez ce garçon si singulier qui n’avait jamais lu aucun de ses romans et n’était nullement impressionné par sa notoriété. Ils se marièrent avant la fin de l’année.

Commença alors une vie de voyage avec son époux. Ils travaillèrent essentiellement en Syrie et en Iraq, et Agatha l’accompagna avec joie dans ses pérégrinations. Elle continua à écrire ses propres ouvrages sur place tout en étant une assistante précieuse pour son mari. Elle prenait des photos, les développait, étiquetait les objets trouvés. (Pour dépoussiérer les plus fragiles elle utilisait une aiguille à tricoter et un pot de crème pour le visage !)

La Romancière et l’archéologue regroupe cinq saisons de fouilles (entre 1934 et la fin des années 1930) avec toujours pour fil directeur une solide expérience de la nature humaine et un humour inoxydable, et ce quel que soit le sujet évoqué – la constipation des ouvriers ou les sous-vêtements d’un chauffeur. Rien n’échappe à Agatha Christie, depuis les dissensions opposant les diverses ethnies jusqu’au sort des femmes musulmanes.



Effectivement, ce livre nous transporte aux côtés d'Agatha Christie aux prises avec les mille et un problèmes liés à la vie quotidienne lors des voyages et fouilles !
Problèmes? pas vraiment, malgré les fermetures éclair sournoises, les puces, les souris, les cafards, les cuisiniers n'ayant jamais fait la cuisine, les chauffeurs dressant le camion comme s'il était un jeune cheval... Tout cela est plutôt matière à s'amuser !

et le résultat est que ce livre est vraiment très distrayant !
on aperçoit Agatha Christie sous une autre facette, qui est très agréable, c'est aussi l'occasion de voir que les relations entre les différentes ethnies étaient déjà très compliquées et que devoir les diriger sur un camp de fouille demande beaucoup de diplomatie!


A conseiller aux amateurs de voyages, de fouilles, d'Agatha Christie, d'humour, de Moyen Orient etc.